
Un quart des communes sans solution d’accueil
Aujourd’hui, 25 % des communes françaises ne disposent d’aucun mode d’accueil formel pour les jeunes enfants.
L’accueil individuel reste majoritaire
Les assistantes maternelles représentent 52 % des places d’accueil des moins de 3 ans et constituent le premier pilier du dispositif national.
42 % des assistantes maternelles partiront à la retraite d’ici 2035
Soit un besoin estimé à 114 400 postes à pourvoir pour maintenir l’offre actuelle.
De fortes disparités territoriales
Les régions Grand Est (46 %) et Bourgogne-Franche-Comté (44 %) sont particulièrement exposées, tandis que l’Île-de-France et la Corse sont moins dépendantes de l’accueil individuel.
Un enjeu d’attractivité territoriale
Dans les zones rurales, où l’accueil individuel dépasse parfois 70 % de l’offre, la pénurie pourrait fragiliser l’installation des jeunes actifs et l’équilibre économique local.
Alors que la France traverse une crise durable de la natalité, un autre enjeu, plus silencieux mais tout aussi structurant pour les territoires, se profile : celui de l'accès aux modes d'accueil des jeunes enfants. Selon les données publiées par la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), un quart des communes françaises ne dispose aujourd'hui d'aucune solution d'accueil formelle. Et la situation pourrait s'aggraver fortement d'ici 2035.
L'accueil individuel demeure le premier mode d'accueil des enfants de moins de 3 ans en France. Il représente encore plus de la moitié des places disponibles, malgré le développement progressif des crèches municipales et des micro-crèches.
Ce modèle repose sur deux modalités :
l'accueil par une assistante maternelle à son domicile ou en Maison d'Assistantes Maternelles (MAM),
la garde d'enfants au domicile des parents (assistants parentaux).
Aujourd'hui, plus d'un million de parents emploient directement 236 430 assistantes maternelles et 101 620 assistants parentaux. À elles seules, les assistantes maternelles concentrent 52 % des places d'accueil en France, constituant un maillon central de l'équilibre territorial.
Le principal facteur de tension identifié est démographique. D'ici 2035, 42 % des assistantes maternelles partiront à la retraite. Cela représente 114 400 postes à pourvoir au niveau national pour maintenir l'offre existante et répondre aux besoins des familles.
Les disparités régionales sont particulièrement marquées :
46 % de départs attendus dans le Grand Est
44 % en Bourgogne-Franche-Comté
42 % en Centre-Val de Loire
40 % en Normandie
39 % en Occitanie
37 % en Provence-Alpes-Côte d'Azur
À l'inverse, certaines régions apparaissent moins exposées, notamment l'Île-de-France et la Corse, où les assistantes maternelles ne représentent que 31 % de l'offre d'accueil, grâce à une plus grande diversification entre accueil collectif et individuel.
Les zones rurales et peu densément peuplées sont particulièrement vulnérables. Dans certains territoires, l'accueil individuel représente plus de 70 % de l'offre totale. La diminution du nombre d'assistantes maternelles y ferait peser un risque direct sur :
l'attractivité résidentielle,
l'installation de jeunes actifs,
le maintien de services publics locaux,
la vitalité économique.
L'enjeu dépasse donc largement la seule politique familiale : il touche à l'aménagement du territoire et à l'équilibre démographique.
Face à cette situation, la Fepem appelle les élus à faire de l'accueil individuel un choix structurant des politiques locales de la petite enfance.
Parmi les leviers mis en avant figure le développement des Maisons d'Assistantes Maternelles (MAM). Ce modèle permet de mutualiser les moyens tout en conservant la souplesse de l'accueil individuel. Selon la fédération, son coût pour les finances publiques serait environ sept fois inférieur à celui d'une crèche, tout en offrant un accueil de proximité, adaptable aux rythmes des enfants et aux contraintes des parents.
Pour Julie L'Hotel Delhoume, présidente de la Fepem, la crise de la natalité ne doit pas occulter une autre urgence : celle de l'accès aux modes d'accueil. Le risque est celui d'une accentuation des fractures territoriales, notamment dans les zones les moins denses.
À l'horizon 2035, la combinaison de départs massifs à la retraite et de difficultés de recrutement pourrait transformer la tension actuelle en pénurie structurelle. Dans ce contexte, l'accueil individuel apparaît non seulement comme un mode de garde, mais comme un outil stratégique au service de l'égalité entre les familles et de l'attractivité des territoires.
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